Cystite interstitielle
Interstitial cystitis
CatégorieDéfinition
Le Syndrome de la Vessie Douloureuse (SVD), également connu sous le nom de cystite interstitielle (CI) et syndrome vésical douloureux, est caractérisé par une douleur pelvienne associée au remplissage vésical, une pollakiurie avec une fréquence mictionnelle de plus de huit mictions par jour et plus de deux mictions par nuit, des lésions cystoscopiques (pétéchies, ulcères de Hunner) révélées par un test d'hydrodistension vésicale, et/ou des anomalies histologiques telles que des infiltrats de cellules mononucléées inflammatoires et une granulation tissulaire, en l'absence d'infection ou de toute autre pathologie. La prévalence du SVD varie entre 10 et 510 pour 100 000 habitants et est la plus élevée dans les pays nordiques. Le rapport homme-femme est de 1:9. Le tableau clinique est dominé par la douleur et la pollakiurie. Bien que la douleur soit habituellement décrite comme pelvienne, elle peut également impliquer le périnée, le vagin, le scrotum et l'urètre. Elle devient plus sévère lors du remplissage vésical avec un soulagement après la miction. Le SVD peut également être associé à la fibromyalgie. La pollakiurie est la conséquence d'un besoin presque constant d'uriner, qui augmente avec le remplissage vésical et est soulagé par la miction. Cependant, les patients ne présentent pas d'incontinence urinaire. La maladie peut évoluer par crises. Un antécédent de cystite bactérienne, de chirurgie pelvienne ou d'accouchement, et certains aliments acides peuvent être des facteurs déclenchants du SVD. L'étiologie du SVD est inconnue. Une perméabilité anormale de la muqueuse vésicale aux composants urinaires est l'hypothèse classique mais une origine infectieuse, hormonale, vasculaire, neurologique, traumatique ou auto-immune a également été proposée. Le SVD est un diagnostic d'exclusion. L'histoire du patient doit être étudiée pour l'utilisation de radiothérapie, chimiothérapie, immunothérapie (cyclophosphamide) et anti-inflammatoires (acide tiaprofénique). Le diverticule sous-urétral, l'endométriose, la candidose vaginale, l'infection herpétique ou à papillomavirus, le cancer du col de l'utérus, du corps utérin ou des ovaires, et l'adénome ou le cancer de la prostate doivent être exclus du diagnostic. D'autres diagnostics différentiels (cystite bactérienne, prostatite, maladies sexuellement transmissibles, tuberculose urinaire, adénome ou cancer de la prostate, résidus post-mictionnels) peuvent être exclus par des tests diagnostiques appropriés. L'évaluation urodynamique doit exclure un dysfonctionnement neurologique vésico-sphinctérien et une hyperactivité du détrusor. L'urographie intraveineuse ou la tomodensitométrie (TDM) doit exclure un calcul dans l'uretère pelvien et la cystoscopie peut être utilisée pour exclure un cancer ou un calcul infiltrant la vessie. Certaines données peuvent être suggestives du SVD. La cystomanométrie peut révéler un troisième besoin d'uriner (contenu vésical inférieur à 300 cc) qui est précoce et douloureux. Les résultats de la cystoscopie de base sont normaux mais l'examen cystoscopique de la muqueuse vésicale après distension utilisant une solution saline physiologique révèle des pétéchies ou des glomérulations multiples. Les biopsies de la muqueuse vésicale montrent des signes d'inflammation ou d'infiltration mastocytaire. Le traitement est symptomatique. L'hydrodistension vésicale, en plus d'être un test diagnostique utile, peut également fournir des effets bénéfiques à court terme. Trois traitements efficaces sont disponibles : la cimétidine (per os), l'instillation intravésicale de diméthylsulfoxyde (DMSO), et l'amitriptyline (per os). D'autres possibilités thérapeutiques incluent : le polysulfate de pentosan sodique (per os), l'instillation intravésicale d'héparine, d'acide hyaluronique (Cystistat®) ou de neurotoxines (résinifératoxine ou capsaïcine), un régime alimentaire modifié (élimination des aliments acides), la neuromodulation sacrée, la stimulation électrique du nerf tibial postérieur, l'injection intradétrusorienne de toxine botulique, la physiothérapie, l'oxygénothérapie hyperbare, l'administration de Ciclosporine A, la magnétothérapie etc. Le traitement chirurgical impliquant une cystectomie plus ou moins complète et une entérocystoplastie d'agrandissement ou de substitution n'est utilisé que dans des cas exceptionnels et nécessite une discussion pluridisciplinaire. Comme l'évolution de la maladie est incertaine, la réponse au traitement est imprévisible.